AUMADATROI est à Mindélo, archipel des Iles du Cap Vert !

Posté par Philippe le 21 novembre 2011

Arrivé ce matin à 10h00 TU de AUMADATROI à Mindélo, archipel des iles du Cap Vert.

En résumé, 71 heures de nav, des moments que nous vous décrirons dès que nous aurons fait une bonne sieste !

Des explications sur la page concernant le Saloum:

- des coupures d’électricité à Dakar

- les serveurs qui tombent en rideau

- le site de unblog.com en maintenance avant notre départ

Nous allons tenter de rétablir tout cela !!!

Pas d’impatience, tout finit par arriver . . . .

Des bises

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Le Saloum . . . hors du temps, et que du bonheur . . . (3 de 3)

Posté par Philippe le 17 novembre 2011

Bon je n’arrive pas à insérer les photos dans le texte du Saloum.

Donc pour visualiser ces photos, allez dans la colonne de droite et cliquez sur l’album concerné.

Désolé de ces désagréments !

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Le Saloum . . . hors du temps, et que du bonheur . . . (2 de 3)

Posté par Philippe le 16 novembre 2011

Vendredi 11 novembre 2011, 11h10 TU

On a décollé ce matin à 9h15 TU. Je n’avais pas encore allumé la VHF, et les monos m’attendaient avec impatience, je dois ouvrir la route et alerter dès que les fonds remontent à moins de 3 mètres.

Finalement tout s’est très bien passé, on est sorti du bollon, vers 10h30.

La descente du Saloum sera tranquille, retrouvaille avec des paysages déjà vu il y a quelques jours.

C’est là que je me rends compte que le village de Bassard est vraiment isolé. Pas de route, pas de train, pas d’avion, peut-être l’hélicoptère en cas d’urgence, mais je n’en suis pas sûr . . . juste la mule ou l’âne qui tire une « calèche », c’est le nom qu’ils leurs donne !

Arrivé à Djifere vers 13h00 TU.

Sur la plage je suis abordé  par Omar.

Grande discussion.

Omar me propose des langoustes !!!! ça ne s’invente pas . . .

Je lui réponds que je vais voir combien on en veut après questionnement des autres équipages, mais le rassure car ce sera au moins 3 ou 4 kg. On négocie.

 De 18 000 FCFA, on tombe d’accord à 13 000 FCFA. Rendez-vous à 16h00.

Entre temps on prévient Maurice, le patron du petit resto sur la plage, pour qu’il nous les prépare ce soir à la sénégalaise.

16h00.

Je retrouve Omar, et lui confirme que c’est 7 kg qu’on achète.

Il a le regard noir et triste.

Il n’a pas la marchandise, les bateaux de pêche ne sont pas rentrés.

Je lui dis que je ne suis pas content, qu’il m’a vendu ce qu’il n’avait pas.

Il me répond qu’il est très chagriné, que « sa main le gratte » .

Voilà ce que c’est que de vendre à découvert, comme à la bourse !!!!

Finalement, Maurice nous prépare des soles du Saloum pour les 14 membres d’équipage qui auraient dû déguster des langoustes vendues par Omar . . .

 

samedi 12 novembre 2011, 13H00 TU

Départ ce matin à l’aube, 6h30.

La lune est toujours présente et très lumineuse, le soleil va se lever.

DuponD&T sont au travail et les bouées du chenal s’enchainent.

Vent du nord 5-7 nœuds. Dans le nez comme prévu.

Point Spot, pour prévenir et rassurer la famille, on sort du chenal un peu avant 8h00.

Slalom entre les centaines de casiers dans des fonds de 7 à 8 mètres. Incroyable tous ces casiers !

Je ne sais pas comment ils font pour les retrouver. Il y en a à plus de 15 miles des côtes. Il n’y a pas d’amer sur la cote car elle est plate et basse. Et comme ils n’ont pas de GPS, tout ça reste un mystère.

Vers 10h00 je croise plus de 40 pirogues qui font route vers l’ouest. D’abord impressionnant, puis inquiétant.

Surveillance attentive.

Je traverse la flotte moteur réduit, et zigzague entre ces bateaux. Certaines comptent 15 ou 20 personnes, d’autres 4 ou 5.

Après concertation avec la flottille nous pensons qu’il s’agit de pirogues qui vont pêcher en groupe loin en mer.

Salade de riz et de tout ce qui ressemble à des légumes frais.

 Y compris beaucoup d’oignions pour faire fuir les moustiques ce soir.

Vers 13 heures je somnolais au soleil, quand j’entends le bruit caractéristique d’un moteur hors-bord.

Hum il passe quand bien près !

Je me lève, et les quatre hommes d’équipage me crient qu’ils ont faim et me font signe avec la main fermée « à manger ! ».

Je rentre dans le carré, enfile un slip, et retourne dans le cockpit.

« Vous voulez quoi ? »

« A manger, on n’a pas mangé depuis longtemps »

Ils s’approchent trop près, je lui dis de s’éloigner et que je vais lui donner à manger.

Vite un sac poubelle.

Le 2ème gâteau au chocolat, acheté à Madère, que plus personne ne voulait manger à bord tellement il était lourd à digérer, ça devrait les rassasier !

Des pamplemousses, le pain d’épices, des gâteaux apéro.

Je lui crie de s’éloigner un peu, il vient de passer à moins de 50 centimètre du bordé tribord.

Je lui montre le sac. Il revient sur moi, et quand il est à moins de 2 mètres je lui lance le sac, qui tombe au fond de la pirogue . . .

Et là je vois quatre sourires avec des grandes dents blanches. Emouvant.

Ils s’éloignent. Merde la photo !

Je leur crie « photo » 3 fois et ils comprennent, reviennent à 4-5 mètres. Je prends ce cliché.

Je retourne dans le carré, et soudain je suis furieux contre moi. Dans la précipitation j’ai oublié l’eau. De l’eau fraiche qui leur aurait sûrement rendu service . . .

16h30 TU

On est à 10 miles de Dakar, sous le vent et le courant,  et déjà flottent sur la mer des dizaines plastics. Retour vers la « civilisation » . . .  J’espère ne pas en prendre dans les prises d’eau de refroidissement moteur !

18h00 TU

Mouillage dans la Baies des Enfants à Dakar

Des photos qui j’espère vous feront découvrir cette terre étrange:

 

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Le Saloum . . . hors du temps, et que du bonheur . . . (1 de 3)

Posté par Philippe le 16 novembre 2011

Lundi 7 novembre 2011

Ce matin départ matinal, à 6 heures. 65 miles nous séparent de Djifere, et je préfère arriver dans la passe de jour. De plus le soleil se couchera encore plutôt, car on se rapproche de l’équateur !

AUMADATROI est très sale, couvert de poussière jaune-orangée. Il y a aussi de la poussière gris-noir : ça c’est la pollution de Dakar. Vraiment sale cette ville, et pourtant, ici, les gens disent que c’est bien plus propre qu’à Kinshasa !!!!

Les vents sont prévus quasi-absent pour cette petite nav.

En ce moment AUMADATROI est sous génak seul, avec DuponT qui pousse à 1650 t/m. Hé oui on navigue à l’anglo-espagnole (voile d’avant pour les espagnoles et moteur pour les anglais)!!!

Vent 8 nœuds, vitesse 6 nœuds.

Il y a une demi-heure le doux son de la canne a donné.

Mais la prise n’a pas tenue. Et quand j’ai remonté la ligne, une chasse s’est mise en place. Les pauvres poissons volants sautaient en l’air pour échapper aux prédateurs ! Et encore une fois ils étaient cueillis en plein vol par les martins-pécheurs, au demeurant très habiles !

Je ne regrette rien car si c’était un gros je ne sais pas ce que j’en aurai fait . . .

Encore un bon repas, moins recherché que ce que faisait Bertrand, mais il fait tellement chaud que je me suis contenté d’une salade de riz avec plein de trucs dedans : miettes de thon, œufs, tomates et évidemment des oignons frais, hum que c’était bon !!!!

En ce milieu d’après-midi, nous sommes à moins de 20 miles de l’arrivée, sur des fonds de moins de 10 mètres. Le grand jeu consiste à éviter les casiers, il y en a partout. Ce sont des fonds de sable, et je ne sais vraiment pas ce qu’ils peuvent prendre ?

Il fait vraiment chaud : 34°C à l’extérieur, et 35°C à l’intérieur. Heureusement que le frigo marche car sans lui pas de boissons fraiches ! Il marche vraiment très bien, la bière est à bonne température, et je conserve au moins 8 jours tous les produits frais, impeccable !!!!

Depuis 11h00 ce matin, le vent est tombé à moins de 5 nœuds, et  AUMADATROI marche au moteur. Les DuponT&D ronronnent doucement, deux heures le T, deux heures le D. Comme cela j’ai au choix de l’eau chaude à bâbord, ou de l’eau douce à tribord !

Elle est pas belle la vie ???  !   !   !   !

La passe nord est très bien balisée. Cette passe a été créée en 1987 lors d’une montée brutale du niveau de la mer. Il parait qu’une vague a tout emporté, le sable, les bateaux de pêche, les cabanes. On ne sait plus si il y a eu des victimes. Depuis 2 ans la passe est donc balisée jusqu’à Foundgioune (où l’on ira dans la semaine).

Mouillage devant les cabanes du village de Djifere.

Djifere est le premier village à l’embouchure du Saloum.
C’est le début de la mangrove, cet endroit d’eau saumâtre, quasiment sans marée (à peine 1 mètres d’après l’examen visuel).

Ce soir c’est la fête de Tabaski, et nous dinerons à terre. On a fait préparer un mouton, et tous les équipages on choisit de le déguster.

C’est aussi l’anniversaire de Paula, 11 ans.

 

Mardi 8 novembre 2011, 13h00 TU, Djifere

Une douce torpeur a envahi le bateau.

Ce matin, avant que le soleil ne soit trop haut, j’ai visité le village.

Le marché était impressionnant. Il y a également des commerces partout, des petites échoppes  d’à peine 2 m2, dans lesquelles on trouve à peu près n’importe quoi. Sidérant !!!

Evidement la technologie a débarqué, et gamelles de réception satellites et antennes GSM sont partout.

C’est également très surprenant de voir tous ces gamins avec un téléphone portable à la main . . .

Les pirogues du Saloum sont toutes plus pimpantes les unes que les autres !!

 Il y en a qui sont vraiment très jolies, avec des couleurs vives, mais sans vulgarité ! A chaque fois leur nom rappelle une histoire de famille.

On part dans une demi-heure pour Foudgioune.

Mais avant je dois plonger sous le bateau pour dégager l’hélice bâbord qui a pris un bout de pêcheur. J’attends le dernier moment pour avoir le moins de courant, la renverse devrait arriver dans une heure et demie.

La remontée sur Foudjioune s’est bien passée. AUMADATROI avait les DupontT&D allumés, et on a même porté le génois pendant quelques heures, ce qui a permis de recoller à la flotte.

Arrivée sur Foundgioune vers 18h00 TU avant le coucher du soleil.

Nous sommes plusieurs à avoir dîné chez Baobab côté mer (très important, car il existe un resto Baobab coté terre, mais à ce qui se dit beaucoup moins bien !) Le resto côté mer est tenu par 14 femmes, dont la chef est Anne-Marie. Pas de choix au menu, c’est crevettes grillées à l’ail, ou ragout de crevettes (crevettes du Saloum, bien sûr ! ). Mais que c’était bon ! Les crevettes ne viennent pas de Rungis (sic !) mais sont pêchées dans des filets qui sont attachés à ces trois casiers que vous voyez là. Il y en a des dizaines, voire des centaines !

Retour au bateau à 23h00.

 

Mercredi 9 novembre 2011, 13h45 TU, Foudgioune

Après avoir visité le village, et son marché, et ses échoppes où j’ai acheté une maquette de pirogue pour décorer le carré, nous décollons pour embouquer le bollon de Bassard. Le bollon est un bras d’eau qui s’enfonce dans la mangrove. Parfois la largeur n’excède pas 15 mètres. Les pirogues sénégalais y sont très à l’aise, nos bateaux un peu moins . . .

Plus de cartes, les derniers relevés hydrographiques de ce coin datent des années cinquante, à l’époque de la colonisation.

Ca va être technique et sportif . . .

D’abord bien comprendre deux choses :

-          en ligne droite naviguer au milieu du bollon

-          dans les courbes, faire les extérieurs et pas la corde de la boucle

Première embûche.

A l’entrée du bollon, une langue de sable plante tous les bateaux. Pas grave on était à moins de 3 nœuds, et un coup de marche arrière, et ça repart.

On mettra deux heures pour arriver à Bassard, au milieu de nulle part.

Entre temps plusieurs monocoques se sont « tanker ».

Dans l’après-midi il n’y a plus d’air.

44°C à l’extérieur, 32°C à l’intérieur, pourvu que l’électronique ne souffre pas de la chaleur

Quand on est arrivé en vue du ponton en bois de Bassard, il y avait 200, 300 personnes qui nous attendaient . . .

Le temps de mouiller avec un peu de fond et pas trop près de la mangrove et on arrive au village vers 17h00. Là le comité d’accueil nous attend.

500 peut être 600 femmes et enfants chantent et dansent. Les costumes sont variés, la couleur des robes des femmes onta une signification en fonction des liens de parenté et de l’âge de la femme qui la porte.

Ensuite retour au bateau pour dîner, je suis invité par Farwell, et on sera de nouveau au village pour la fête d’après Tabaski. Un grand moment !

 

Jeudi 10 novembre 2011

A 10h00 ce matin, c’est la remise officiel des paquets que Philéas transporte depuis la France. Cahier, crayons, et don de 500 euros de Voiles Sans Frontière, ce qui va permettre à l’instituteur, Mamadou de faire une extension en « dur » de l’école. Il y a six classes pour 250 élèves . . . 

Ensuite visite du dispensaire.

Bon c’est très loin de nos critères européens de médecine, mais ça soigne, ça accouche, ça guérit.

La pharmacie centrale est pratiquement vide de tout. Alors plusieurs bateaux décident de donner quelques médicaments. AUMADATROI donnera 2 boites d’antibiotiques Rocéphine, et 1 boite de Dérinox. L’infirmier m’avait demandé ça car bientôt c’est la saison des pluies et les Serres (c’est le nom des habitants de cette région du Saloum) souffrent d’infection, de rhume, d’angine, etc . . .

Dans l’après-midi on apprend  que nous sommes invités au Tibien sénégalais.

Je suis chargé d’aller chercher du mil, en annexe, dans le village d’à côté, environ 600 mètres, mais accessible que par le fleuve. A mon arrivée au ponton, les jeunes garçons qui m’accueillent me réclament des cahiers, des crayons, et des médicaments. Jumbé tam-tam a marché plus que le GSM !!!!

 Ils veulent aussi que nous visitions leur village. Ils sont jaloux du sort qu’y est réservé au village de Bassard . . .  Je me retranche derrière le fait que je ne suis pas le chef du convoi, et qu’il faut demander à Nicolas et à Mamadou !

Pour calmer tout ce petit monde je les prends en photo et leurs montre les clichés !

Très bon Tibien à base de tazard pêché par deux bateaux, Django et Philéas, et cuisiné de fort belle manière par les sœurs de Mamadou.

 

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L’étape Dakhla – Dakar, vers les tropiques et les alizés

Posté par Philippe le 5 novembre 2011

Samedi 29 octobre 2011

A 11h00 heures locales, c’est le départ pour 600 milles vers Dakar.

Aurons-nous les alizés ? Comme c’est normalement le cas en cette saison ?

Les vents prévus sont de nord pendant 15 heures et basculent au nord-est en milieu de nuit.

On va donc  tirer un bord vers le sud-ouest et profiter de la bascule pour empanner et faire route directe sur Dakar en longeant la côte à 80-100 miles, ce qui nous permettra d’éviter la côte mauritanienne, avec parfois ses problèmes de police maritime, et tous les chalutiers internationaux qui écument les côtes étrangères.

AUMADATROI marche bien. Pas trop rapide, mais super  «secure ».

On est grand-voile haute, et 100% génois, à 150° du vent réel. On file à 8-9 nœuds, parfois 10 !

A midi, on a mangé :

-          Terrine de thon

-          Pâté de canard

-          Poulet aux pruneaux « boat made »

-          Pâte gruyère et tomate

-          Salade de tomates et oignons

Finalement mieux que dans beaucoup de restos !!!!!

Voilà c’est calme, reposant, surprenant.

Tout à l’heure, une des cannes a donné.

Branle-bas de combat, c’est Bertrand qui avait le baudrier et la charge de remonter le poisson.

Mais en fait c’est un oiseau, peut être un albatros, mais très gros, qui était accroché.

On l’a traîné pendant deux minutes, et il a finalement coupé toute la ligne !!!

Encore 20 euros à la mer, plus un oiseau promis à une mort certaine . . . et de la pollution en sus avec mon leurre qui ne se détruira que dans mile ans . . .

Je vous propose un résumé de la journée d’hier, vendredi 28 octobre.

On avait un rendez-vous au hammam local à 9h30.

Mais on est au Maroc et les habitudes sont vite prises et ce n’est que vers à 11 heures que nous arrivons au  hammam marocain, « roots made ».

 pa280007.jpg    et là c’est la caisse !!!!  pa280008.jpg 

Bon très sympa, mais pas très hygiénique !

Des rasoirs bic, des enveloppes de savon, partout par terre, sans parler de la crasse récupérée sur les gants de massage qui flotte partout  !!!

Je ne suis resté qu’un quart d’heure !

Ensuite visite du marché local, et de la ville.

le poissonnier  pa280012.jpg    . . . et « l’APEC » marocaine, vous remarquez les ressemblances ?   pa280013.jpg

Mais il y a aussi l’association des femmes   pa280009.jpg  regardez bien le nom de l’association !

On s’est également arrêté dans une école, et les enfants du rallye ont chanté « Frère Jacques », aux enfants marocains qui ont applaudit.

  pa280005.jpg   pa280006.jpg 

Si les relations internationales entre pays pouvaient rester à ce niveau de communication . . .

Christian m’a invité à 14heures au resto de l’hôtel, on a mangé du couscous, mais vraiment pas terrible.

Ensuite vers trois heures, j’ai remarqué que la houle se levait dans la baie. J’ai refait les calculs de hauteur d’eau et à l’évidence on allait encore talonner. Mais talonner dans le clapot comme hier, ce n’est pas grave.

Talonner dans la houle c’est beaucoup plus risqué.

Les amplitudes de montée et de redescente du bateau font qu’il cogne fort.

Après concertation avec Nicolas de Philéas, on décide de mouiller au large. Mes deux matelots sont au marché pour faire le plein de vivre frais.

C’est donc  seul que je monte à bord, pour la manœuvre.

Je remonte l’ancre, la télécommande marche, ça me facilite la tâche.

Au moteur je me dirige vers la zone des monocoques, où il y a du fond.

Ça bouge beaucoup et la zone des mono est très rouleuse.

Je me dis que la soirée avec le Wally, c’est compromis.

 On est à 1 mile de l’hôtel et hors de question d’y aller en annexe, il y a des creux de 1 mètre.

Alors je décide de mouiller près de Django.

Mais je rate la manœuvre, car comme je suis seul, entre le temps où je mets les moteurs au neutre et où je me déplace pour mouiller l’ancre, j’ai déjà dérivé sur Te Ara.

Je remonte la chaîne et cherche un autre endroit.

Je me dirige vers Catalina, le Catana 471. Il y a 3,5 mètres de fond. Je mouille 60 mètres de chaîne. Il y a maintenant 30-32 nœuds de vent, et AUMADATROI a beaucoup de fardage

Ouf, je suis bien.

5 minutes plus tard après avoir mis un peu d’ordre, je contrôle le sondeur. 2 mètres !!!!!

Damned . . . !!!!, je suis sur une lentille de sable . . .

Rebelote, je remonte l’ancre, et fait route sur l’arrière du mouillage, vers d’autres monocoques.

6 mètres de fond.

Ok je mouille.

Encore 60 mètres. La télécommande déconne, j’y vais au tournevis direct sur le guindeau. Il y a quelques étincelles mais ça manœuvre.

Le vent a un peu tourné et je me retrouve à 15 mètres sur l’avant de Gwenilig.

Bon pas grave si ça tient, c’est OK.

Mais justement j’ai dû mouiller sur de la vase, car AUMADATROI chasse son ancre et on dérive sur lui.

C’est à ce moment-là que Bertrand arrive avec la navette de la rade. Il monte à bord.

Vite je dois relever l’ancre, et dégager d’ici sinon il y a risque de collision.

Je lui demande de ranger la chaîne dans le puits à chaîne.

La télécommande remarche.

Mais quand même je vérifie ce qu’il fait. Il est train de tirer sur la chaîne avec ses mains. Je lui hurle d’arrêter. Et je me dirige vers l’avant pour lui montrer le puits à chaîne. Il finit par faire les choses correctement. Le soir au cours du repas d’autres lui diront qu’il ne faut jamais toucher une chaîne quand on la manœuvre. Je crois que cette fois ci il a bien compris l’importance du vocabulaire marin.

Sur ces entrefaites Lovea, Jean Luc, qui est seul à bord me demande de l’aide. Je lui réponds que j’assure mon bateau et que je viens l’aider. Finalement c’est Christian qui se fait déposer sur Lovea, et qui aide Jean Luc à manœuvrer.

Je reprends donc le mouillage et on se dirige vers l’avant de la flotte au vent des monos.

Là je trouve un fond de sable de 5 mètres et l’ancre croche bien. 70 mètres de chaîne pour assurer, le vent est toujours de 25 à 30 nœuds.

C’est OK.

Lovea arrive un quart d’heure plus tard à 100 mètres. Philéas était là une demi-heure avant.

Il est 18h30, ça fait 3 heures que je manœuvre pour faire un bon mouillage.

Il y a encore 25-30 nœuds de vent.

A la VHF on s’interroge sur notre présence à la soirée à laquelle le Wally doit être présent.

Une heure plus tard le vent tombe vers 20 nœuds

Et pourtant, au lever du jour ce vendredi, notre mouillage avait des apparences de paradis   pa250002.jpg.

Nicolas du RIDS, nous dit qu’il serait bien qu’on arrive avant 20h30 pour se changer dans les vestiaires,  car le Wally (préfet de région) est attendu à 20h30.

Une navette de rade est mise en place. Après concertation entre les bateaux on décide d’y aller.

Le transit bateau –hôtel sera très sportif !!!!

On prend Christian au passage sur Lovéa.

On arrive trempé à l’hôtel.

. . . skippers parés pour embarquer sur la navette  pa280015.jpg   pa280016.jpg    

On se change dans le hall du sauna.

Et c’est en costard et robe longue que tout le monde se présente à la soirée.

Nicolas du RIDS est bluffé.

Mais de Wally, que nenni.

Il ne viendra pas.

Ça m’a beaucoup énervé et j’ai fait la remarque au patron de l’hôtel, que se foutre de nous comme cela je m’en souviendrai.

On aurait pu éviter des transferts risqués en navette, de se mouiller, de risquer de faire passer un enfant à l’eau. Il s’est confondu en excuses.

Finalement on remonte à bord vers minuit, retrempé.

Un coup de gant d’eau douce pour se dessaler, et on étend tous les vêtements dans le cockpit.

Coucher 1h00.

Réveil 9h30.

La navette nous amène les passeports, et le « check out » à 10h30, et à 11h00 on fait route.

Voilà le résumé des 24 heures précédant le départ, technique et sportif, non !!!

 

Samedi 29 octobre en soirée, suite.

A la tombée de la nuit nous filons toujours à 8-9 nœuds, sous GV haute et Génois à 100%. Le vent, les alizés se maintiennent à 22-25 nœuds, du 360°.

On avance moins vite à cette allure que je l’avais envisageais, mais c’est parfait. Quelle sensation de sécurité avec AUMADATROI !

En ce début de nuit le premier quartier de lune est arrivé. La clarté du ciel est telle qu’on distingue des tas de détails qu’on ne voit pas quand on est à terre.

Ce soir on a mangé :

-          Omelette aux pommes de terre, avec poivre, ail, herbe de Provence

-          Tarte aux pommes et aux pruneaux, arrosée de miel aux à la menthe (la pâte a été faite à bord par Bertrand)

-          Fromage, je crois qu’il vient de Lisbonne !!!!!

Voilà, la vie à bord s’installe.

Vacation BLU de 21h00 avec les autres bateaux, tout va très bien.

Juste après la vacation BLU, Christian m’alerte (je suis hors quart). Le vent est monté vers 30-33 nœuds.  On est grand largue, ça avance bien 11-12 nœuds, pointe à 13-14 dans les surfs sur le haut des vagues.

Prendre un ris ou pas ?

Finalement je reste comme je suis.

Le bateau ne souffre pas, mais il est quand même surtoilé. De temps en temps on part au lof, léger, le pilote récupère bien. Je profite de ce moment pour dire que Georges, le pilote, n’a jamais lâché depuis que je suis à bord. Il faut le régler, notamment le temps de réponse, mais il fonctionne parfaitement bien

Vers 23h00 un cargo qui descendait vers le sud, était en route de collision.

J’ai allumé le radar et l’active-écho, et je l’ai appelé à la radio. Il a fini par me répondre quand j’ai fait un appel en ASN sur son MMSI.

Ce genre d’appel est enregistré dans les boites noires des cargos. Il n’était plus qu’à un demi-mile, et s’il n’avait pas dévié j’aurais été obligé de me dérouter, donc de remonter au vent et AUMADATROI aurait accéléré. Heureusement son anglais très pauvre était parfaitement compréhensible, et je l’ai remercié pour sa manœuvre.

Ensuite vers 2h00 TU j’ai traversé une flotte de bateaux de pêche russes. Des bateaux de 120 m par 20 m de large qui écument les mers. On était déjà au large de la Mauritanie et ils ont dû payer leur droit de pêche pour pêcher dans les eaux nationales mauritanienne. Je trouve cela de plus en plus aberrant de piller comme cela les ressources d’un autre pays.

 

Dimanche 30 octobre,

Finalement au petit matin j’ai empanné pour un cap direct sur Dakar, il était 7h15 TU.

J’ai ensuite attendu 9h45 TU, quand l’équipage s’est réveillé, pour prendre ce fameux 1er ris.

Maintenant le bateau est mieux équilibré et on avance entre 8 et 10 nœuds.

Au point de 11h00 TU, on avait fait 202 miles en 24 heures, soit 8,41 nœuds de moyenne.

Pas si mal pour un gros « camion » comme AUMADATROI.

Pour revenir à la météo locale, normalement on devrait avoir 15 Nœuds de vent, du nord-est. Les  fichiers météo prévoient ces valeurs là pour demain. Nous verrons bien.

La houle reste quand même désordonnée, courte et croisée, c’est curieux.

A midi le repas :

-          betteraves aux noix et à l’ail

-          pâtes sauce tomate (non pas du ketchup, mais de la sauce tomate préparée par Bertrand)

-          pain

-          fromage en dessert

Mais cette fois ci on a mangé à l’intérieur, une main accrochée à la table du carré, une main pour la fourchette, l’assiette bien collée au set de table prévus pour ça. Pas de verre car on n’a pas 3 mains !

Dans la matinée on a eu à plusieurs reprises des vagues scélérates qui ont fait tout volé à l’intérieur. Le cockpit a été inondé à 2 ou 3 reprises. On faisait justement sécher le linge mouillé d’eau de mer de la nuit dernière!!!

Maintenant le vent descend, on est plutôt à 22-25 nœuds que 30.

Et la houle s’est établie correctement, beaucoup plus régulière.

Toute l’électronique marche bien, le PC durci fonctionne parfaitement, il n’a pas bougé d’un centimètre même quand on s’est fait chahuter.

Par contre la pauvre plante de Saint Denis d’Oléron va probablement finir ces jours à Dakar . . .

Ce soir au menu nous avions :

-  terrine de foie gras de canard que Pascale avait acheté pour AUMADATROI, suivi de riz poêlé

-  salade de choux

- tarte aux pommes et pruneaux de Bertrand.

Comme annoncé ce matin sur les fichiers météo, le vent de cette fin d’après-midi qui était tombé vers 18-20 nœuds est remonté à 23-25 nœuds mais en passant plus nord que nord-est.

L’option que j’avais prise au départ s’avère donc compromise !

Donc j’ai lofé pour être à 150-160 degrés du vent réel. J’aurais aimé faire une route directe mais si ça continue comme cela on devra encore empanner.

Bertrand vient de voir des dauphins.

Deuxième nuit en mer.

Pour celle-ci j’ai dormi comme tout l’équipage. Après deux jours de consignes strictes (s’attacher, ne pas sortir du cockpit, me prévenir dès qu’il y a quelque chose d’anormal, veiller les cargos et les pêcheurs, ne pas toucher aux instruments de nav, etc . . . ), je peux maintenant faire confiance et dormir tranquille.

 

Lundi 31 octobre 2011

Cette nuit s’est mieux passée que la nuit dernière.

D’abord il n’y avait que 18-20 nœuds en début de nuit, puis ça s’est levé vers minuit à 25-28 nœuds.

Mais j’avais gréé un barber-hauler sur le génois, et pris le vent réel à 160°, ce qui n’est pas la plus rapide des allures mais c’est bien confortable.

On a entraperçu des dauphins. Plutôt on les a entendus, et Christian qui dormait dit avoir entendu les sons sonar . . .

Vers 3 heures du matin la drosse de l’hydro générateur a cassé.

J’ai attendu le lever du soleil pour réparer.

Ça marche bien maintenant et on fabrique nos 15 ampères-heures régulièrement.

Je viens de mettre DuponD en route pour recharger les batteries (elles sont à 85%, mais c’est mieux si on a plus !) et surtout faire de l’eau chaude, c’est quand bien agréable de faire la vaisselle ou sa toilette avec de l’eau douce chaude.

Je vais aussi faire de l’eau douce.

Le lever de soleil était très beau ce matin. Pâle, lugubre, à travers des nuages d’altitude.

Il y a la houle normale de 2-2,5 mètres, et parfois un train de vagues de 4 mètres. Cette houle vient de l’arrière, donc elle n’est pas désagréable, mais parfois on part au « planning » à 11-13 nœuds !!!

Tout l’équipage a pris son malarone à midi en prévision de notre prochaine arrivée à Dakar.

Finalement j’ai fait 60 ou 80 litres d’eau douce en 1h20, ce qui n’est pas si mal.

A midi Bertrand, qui nous aura décidément régalé pendant tous ces jours de nav, avait préparé :

-          un frichti d’oignions, poivrons, lard, chorizo, accompagné de taboulé

-          salade de choux

Puis en début d’aprèm, on a pu avoir quelques bateaux à la VHF, preuve qu’on rattrape une partie du groupe.

 Klec a cassé son vit de mulet, et j’ai donné des conseils de renfort.

Bertrand insiste pour pêcher. La mer est favorable, mais là où on est, c’est du gros ou rien.

Il met une canne à l’eau avec un leur plongeur, et une autre avec un poulpe.

Dix minutes plus tard, « brrrrr » la canne s’emballe. On remonte rien, plus d’hameçon, plus de leurre.

Les oiseaux ont encore une fois « bouffé » le tout.

Bertrand rentre les cannes et convient qu’il vaut mieux pêcher à moins de 30 miles des côtes.

C’est le 6ème leurre perdu en mer, sans compter les deux lignes perdues par les matelots . . .

 

Mardi 1 novembre 2011

Dans le début d’après-midi on a cassé la boucle en dyneema de la retenue de bôme. Elle est garanti 4 tonnes de charge de rupture !

Heureusement que le frein de bôme a fait son office, la bôme est passée relativement doucement sur la bastaque bâbord !!!

Je répare rapidement avec les pièces de rechange que j’ai à bord.

Mais ce n’était que le début de notre saga pour arriver à Dakar . . .

Une demi-heure plus tard, alors que notre route nous condamne à traverser le rail des cargos, l’alarme AIS résonne.

On ne voit d’abord rien à l’extérieur, alors que la visi est encore correcte, 8-10 miles.

Mais à l’évidence, 3 cargos montent vers le nord et un descend vers le sud. Et AUMADATROI est coincé entre les 4 cargos. Vigilance, les cargos ne dévient pas d’un centimètre de leur route, donc leur trajectoire est prévisible. Les minutes passent, maintenant on voit bien les 4 monstres avancer.

Et puis sans comprendre pourquoi l’un change brutalement de route et gouverne au 250°. Il fait route droit sur nous . . .  Après 10 minutes pour confirmer tout ça, AUMADATROI modifie sa route est gouverne au 120° pour s’intercaler dans cette flotte. Les cargos passent les uns après les autres à moins de 1 mile. Croyez-moi quand un monstre de ferraille de 250 mètres de long passe à moins d’un mile, on croit pouvoir le toucher de la main . . .

Et puis en début de soirée des dizaines de dauphins viennent nous rendre visite. On en compte 8 entre les deux étraves, impressionnant !

Bon voilà, j’ai décidé des ¼ de 4 heures.

 Je prends le premier ¼ mais je serai réveillé au changement de ¼ et de toutes façons quand il y aura un doute sur quoi que ce soit.

A 20h15 TU j’ai identifié un AIS en route de collision.

Puis plus d’AIS, j’allume le radar, rien et je ne vois rien non plus dehors.

Je fais une altération de cap pour manœuvre d’évitement, mais toujours rien sur les appareils et rien sur l’horizon (il fait nuit depuis 1 heure).

Ce n’est que vers 20h40 que j’ai eu de nouveau un écho radar et un signal AIS.

Un peu stressant quand même ce genre de situation.

La bête est passée à 2 miles, mais si je n’avais pas évité, on se serait croisé à moins de 500 mètres !!!

A 22h00 TU vacation BLU.

Mais on n’a pas pu causer à la BLU entre bateaux du rallye, car le canal était encombré de voix qui parlaient quelque chose qui ressemblait à du chinois ou du japonais, enfin une langue de ce coin-là.

En ce moment on a un vent de 15 nœuds, plein vent arrière, grand-voile haute, et génois à contre sur barber-hauler.

A ma grande surprise ça marche vraiment bien. On file 9-10 nœuds. Il faut dire que la houle du vent  ne s’est pas encore levée, mais ça ne devrait pas tarder.

Ce début de nuit est vraiment paisible !

Une mer belle, pas de houle significative, une lune au premier quartier, AUMADATROI qui avance comme un chef, il glisse sur l’eau, et Georges qui n’a pas beaucoup de travail pour le moment car il y a très peu de correction de cap à faire. Notre arrivée se confirme pour demain, mardi dans la soirée, peut être minuit ou deux heures du matin, tout dépendra du vent de demain.

Voilà la vie est belle !

En plus la température extérieure a augmenté et il fait vraiment doux ce soir pour mon quart . . .

Cette nuit pendant son ¼, Christian a surfé à 12,3 nœuds (la nuit dernière il avait noté 15,7 nœuds !). Vraiment veinard ce Christian !

A part des routes de collisions maîtrisées, rien à dire pour cette nuit si ce n’est que les ¼ de 4 heures sont très bien

 Il y en a deux qui dorment 8 heures d’affilé, et un qui dort 2 fois 4 heures. Pour cette première fois je me suis réveillé toutes les 2 heures, pour vérifier et contrôler.

Vers 23h00, AUMADATROI se retrouve dans une flottille de chalutiers, très éclairé (ils pêchent au lamparo) et on ne voit pas leur feux de route.

Re radar.

On slalome dans cette flottille.

 

Mercredi 2 novembre 2011

4ème nuit en mer

Vers 2 heures du matin tout est clair on a passé les bateaux de pêche.

Le vent a mollit.

J’allais me coucher, quand la VHF nous alerte.

Atanua, un bateau du rallye, est en panne de propulsion.

Son moteur tourne mais il n’avance plus. Le vent est tombé à 5 nœuds, et il se traine.

Il demande une assistance remorquage, et comme je suis le plus près il me pose la question directement.

On affale la grand-voile, moteur en route et une demi-heure plus tard on est sur zone.

Les réactions des deux bateaux (un cata et un monocoque) sont très différentes sur ce résidu de houle. A plusieurs reprises j’ai bien cru que sa tête de mât allait heurtée mon hauban tribord.

Après 3 tentatives, on arrive à parer sa touline.

Mais on’ arrive pas à remonter sa remorque qui reste coincée sur Atanua.

Je me dégage rapidement de cette situation dangereuse, craignant d’engager mes hélices  dans la touline qui flotte maintenant dans l’eau.

Tant pis, ce remorquage aurait était confortable pour Atanua, maintenant ils vont bouchonner en attendant du vent.

Une heure plus tard on voit des feux vert et rouge sur notre arrière.

C’est Planète Rouge qui était arrivé sur zone, et qui a repris son cap, comme nous directe, sur Dakar. Ils ont à 1,5 miles.

Mais les feux grossissent.

Et quand son AIS m’indique 150 mètres, je « break » sur tribord à 90 ° de ma route.

Planète Rouge m’appelle à la VHF, pour me demander si j’ai un problème. Je leur réponds que je n’aime pas en pleine nuit une proximité aussi serrée. Ils s’excusent.

La fin de nuit sera plus paisible. Compte tenu de tous ces évènements, tout l’équipage est sur le pont, et on aperçoit déjà les phares de Dakar.

Pêcheurs, filets seront au menu de nos réjouissances d’arrivée, mais aussi  chasse des pélagiques sur les poissons volants qui se font également attaquer par les oiseaux de mer quand ils sont en vol plané !

Triste vie que celle du poisson volant, à l’aise nulle part !!!

C’est à 9h30 que nous plantons l’ancre devant le palais présidentiel  juste à côté de l’hôtel Téranga (chaine Sofitel).

Rangement et nettoyage du bateau, et repos, et une bonne bouffe au bar de la piscine.

Pour les chiffres :

-          avec l’option sud-ouest AUMADATROI à naviguer 693 miles, pour 620 en route directe, soit 7,37 nœuds de vitesse moyenne

-          l’équipage a toujours mangé chaud 2 fois par jour, jamais le même plat

-          AUMADATROI a cassé sa drosse d’hydro générateur, vite réparé et sa manille textile de retenue de bôme, rapidement changée

-          AUMADATROI n’a jamais mis en route les moteurs pour recharger les batteries, mais seulement pour faire de l’eau chaude et de l’eau douce

Bilan plus que positif !!!!

 

 

 

 

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AUMADATROI est à Dakar !

Posté par Philippe le 2 novembre 2011

Bonjour tous !

AUMADATROI est arrivé ce matin à 9h30, à Dakar.

La dernière nuit a été pimentée, je vous en dirai plus bientôt, dès que je m’y met !!!!

Suivez la position de AUMADATROI sur le lien que j’ai mis sur la page d’accueil.

A très bientôt !!!!

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Histoire de crépulscule . . .

Posté par Philippe le 27 octobre 2011

Encore un beau coucher de soleil, lors de la descente vers Dakhla.

Vous verrez que la lune, lors de mon quart m’a fait un beau cadeau, en tracant la lettre P, comme Philippe !

Un autre coucher de soleil . . . .

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A Dakhla, le désert et la mer

Posté par Philippe le 27 octobre 2011

Hier j’ai passé la journée à « visiter » le désert au tour de Dakhla.

Dakhla est la capitale régionale de la willaya, à la frontière Mauritanienne.

Cette ville se situe à la pointe de l’isthme, long d’une cinquantaine de kilomètres.

Entre l’isthme et le continent africain, on trouve la lagune, en fait un bras de mer d’une dizaine de kilomètres de large à l’embouchure.

Le chenal ainsi crée offre une quinzaine de mètres de profondeur en son milieu, mais très vite les fonds remontent à 2 mètres voir 1,50 mètre.

Hier nous étions en grande marée (marnage de 2 mètres), et AUMADATROI s’est posé sur le sable. Nous savons mouillé par 1,7 mètres de profondeur, pour être près du rivage.

Donc hier je me suis « baladé » dans le désert.

Au cours de la remonté de l’isthme vers le nord, nous avons visité une ferme ostréicole.

La pratique est très différente de ce que nous connaissons en Charente.

Il y a 1,5 mètres de fonds sur des kilomètres carrés.

Alors les huitres sont empaquetées dans des filets à mailles plastiques (comme en Charente) et simplement posées sur le fond de sable !

A marée basse il suffit de marcher et de se servir le sac de son choix.

Comme la ferme est à l’intérieur de l’isthme, l’eau est un peu plus salée, les huitres sont très iodées.

Ensuite nous sommes allés dans le désert, coté continent, en 4X4.

C’est très impressionnant d’être «coincé» entre sable et mer. Les couleurs sont évidemment fabuleuses, les photos ne les rendent que partiellement.

Il y a toute une vie dans la zone de l’estran : oiseaux, crabes, petits insectes, et évidemment chameaux et dromadaires.

Nous avons déjeuener vers 16 heures de légumes frais, de poulet au cumin, et du pain local sous la tente . . . excellent !!!!

Je ne suis pas allé souvent dans le désert, mais j’ai visité le Grand Erg oriental, le désert saoudien mais celui-là est encore différent. Beaucoup de sable et une couche sèche constituée de petits cailloux. Cette couche se fissure et craquèle et forme un « pan-cake » sur les flans des dunes.

Mais plutôt qu’un long discours, je vous ai fait un petit reportage photos.

A Dakhla, une ballade dans le désert . . .
Album : A Dakhla, une ballade dans le désert . . .
coincé entre la mer et le sable !
55 images
Voir l'album

 

 

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Retour sur l’étape Quinta do Lorde – Dakhla

Posté par Philippe le 27 octobre 2011

Nous avons échangé à terre nos photos respectives.

Vous pouvez voir AUMADATROI pris en photos par les équipages du rallye.

Bon diaporama !!!

Méli mélo de photos de AUMADATROI

PS: Lionel a quitté le bard mardi, et Christian est arrivé mercredi soir

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Madère – Dakhal, mais où sont les alizés tant attendus ???

Posté par Philippe le 24 octobre 2011

Le départ du rallye!

Après une belle soirée folklorique au cours de laquelle nous avons signé le drapeau du rallye, ce jeudi après midi à 14 heures nous prenons le départ!

                                       pa180036.jpg

C’est avec une heure de retard que la ligne de départ est lancée   dsc0179.jpg.

Un problème sur le moteur d’un bateau du rallye a obligé l’organisation à reculer d’une heure le départ.

On en profite pour prendre des photos de nos bateaux, car il est rare d’avoir des photos de son bateau vu de l’extérieur !

On se les échangera à terre..

Qu’il est beau AUMADATROI

Avant le départ  dsc0258.jpg   après le passage de la ligne  dsc0184.jpg     dsc0190.jpg   dsc0251.jpg

Cap direct sur les Selvagems. Le vent est faible 10-12 nds, du nord-nord est.

AUMADATROI porte sa robe de circonstance, génaker et grand-voile haute. On file à 7 nds, pointe à 8,5 nds.

En début de soirée je prépare une omelette aux pommes de terre, accompagnée de sa salade.

L’équipage semble ravi.

Les quarts se succèdent, je reste hors quart en veille permanente allongé sur la couchette de quart du carré. Mes deux équipiers font leurs premières armes et je dois donc être prêt à toutes éventualités, tout en anticipant au mieux.

Vers 3 heures du matin, il apparait évident que Eole nous lâche.

Le vent est instable, faible, et la houle très désordonnée.

Même le mode vent du pilote ne comprend plus grand chose.

Je choisis de remonter un peu au vent pour assurer un minimum de portance sur les voiles, angle au vent vrai 140°.

Au lever du jour, j’allume les DUPONT&D, génak enroulé.

Vacation VHF et BLU sont au menu de la matinée, échanges info MTO et analyse de la situation à 48 heures.

La dépression qui va balayer l’Europe ce WE, et le fait que l’anticyclone des Açores s’écroule, font que les alizés ne sont pas au rendez-vous dans notre zone.

Nous sommes un certain nombre à projeter de se dérouter sur un port des Canaries dans la journée de samedi, 1-pour faire le plein, 2-pour attendre le vent. Le convoyage au moteur n’est pas le meilleur moyen de faire de la voile !!!

Au menu de ce vendredi :

- à midi : méli-mélo de crudités et poulet thaï au gingembre et oignions préparé par Lionel pa210052.jpg

- ce soir : salade de riz composée, accompagnée de « bolo do caco » (c’est du pain aillé portugais), du super marché de Madère

- dans l’après-midi Bertrand a fabriqué du pain, que nous mangerons demain

- les équipiers dans la cambuse pa210048.jpg  et le repas servi à l’assiette   pa210051.jpg

 

Samedi 21 octobre 2011

Les quarts de nuit se sont bien passés. Pour mes deux équipiers s’était une première. J’ai établi des quarts de 2 heures pour eux, moi en veille dans la couchette de nav, restant en éveil tous les quarts d’heure.

Le vent tombe dans la deuxième parti de nuit, 5 nœuds, les voiles ne portent pas beaucoup.

Au matin DuponD  est allumé, puis vers 10h00 DuponT. vent 3 à 5 nœuds.

Les autres bateaux ont probablement mis en route leur machine dans la nuit car la grande majorité de la flotte est devant nous, tel que le confirme le relevé des positions avec la balise Spot.

Les Canaries s’approchent avec le pic du Teide (que nous avions escaladé avec Françoise en Mai 1981 . . . .).

pa220005.jpg

Bertrand prépare la pâte à pain et l’a fait cuire au four.

Les lignes sont toujours à l’eau mais toujours rien. Hier une attaque, mais la bête s’est décrochée.

Lionel et Bertrand pense au repas et le prépare quand le moulinet s’emballe.

Cette fois-ci on y va calmement.

On est au moteur que l’on réduit.

La GV ne nous fera pas beaucoup avancer.

Bertrand me met le baudrier, Lionel enfile son harnais pour s’accrocher et aller dans la jupe bâbord. Je prends la canne.

Ah oui ça tire fort ! Comme on me l’a décrit plusieurs fois je laisse encore filer de la ligne, et j’arrête puis je recommence une nouvelle fois. Ensuite sans à-coup, je remonte la canne vers le haut, et quand je la redescends je mouline vite le fil qui s’est alors détendu. Je recommence plusieurs dizaines de fois (à chaque fois on mouline 1 à 2 mètres et il y a peut être 60 à 80 mètres de fil à enrouler !).

Ca y est on la voie à 10-15 mètres. Elle est bleu et jaune avec du vert : c’est une daurade !

Ne pas la louper. .  .

Elle se débat, s’enfonce dans l’eau, remonte, saute, parfois ça tire beaucoup.

Elle s’approche, elle est à un mètre de la jupe arrière, et Lionel essaie de la gaffer, mais ça bouge quand même un peu, la daurade se débat, le bateau bouge et Lionel essaie de viser.

Finalement, peut être par un heureux hasard, la daurade se retrouve dans la jupe.

Je crie à Lionel de l’attraper par les ouïes, et je me précipite pour faire de même . . .

Et voilà le résultat ! 87 cm, peut  être  5 ou 6 kilos

pa220006.jpg   pa220007.jpg  et l’un des cuistot la prépare pour les repas à venir pa220010.jpg   pa220011.jpg

Le menu est aussitôt modifié et les cuistots s’affairent :

-          Bolo de caco, fait avec le pain fabriqué à bord

-          Sushi de daurade avec les sauces de Lionel         pa220014.jpg

-          Salade de riz préparée par Lionel et Bertrand

-          Une bouteille de Douro

Dans l’après-midi, toujours pas beaucoup de vent, et donc c’est au moteur que nous arrivons à Puerto de Magum pour faire le plein.

Un « stop and go »  d’une heure et demi pour AUMADATROI.

Nous sommes  4 dans le même paquet.

Re-départ pour Dakhla vers 17 heures locales. On attend les derniers à faire leur plein de G.O.

Puis la nuit s’installe

 Beau coucher de soleil, j’allais dire « comme d’hab », excusez-moi, mais il est vrai que sous ces latitudes, les crépuscules sont superbes…..

    pa220030.jpg         pa220031.jpg       pa220033.jpg.

Pas de pollutions, pas de luminosités perturbatrices.

La lune qui me salue, ne dirait on pas un P comme Philippe ????   pa220059.jpg….

Au dîner à bord ce soir il y a filet de daurade à la peau sur  lit d’amandes grillées au miel, excusez du peu . . .

J’allais oublier entrée avec « bolo do caco » réalisé avec le pain « boat made » de Bertrand ! Excellent !!!

J’ai ajouté une bouteille de Douro pour mes équipiers qui se démènent pour faire de la cuisine raffinée à bord.

Dans la nuit je profite d’un vent favorable pour envoyer le génaker et lofer, pour créer mon vent.

Au petit matin je suis satisfait j’ai rejoint le tête de la flotte !!!

 

Dimanche 23 octobre 2011

On est seul en mer, surprenantes sensations …

Le vent tombe, est ce qu’on arrivera lundi ou mardi ????

Fichiers météo, vacation radio VHF et BLU avec les autres tout le monde s’interroge  . . .

Bon mais on avance souvent au moteur, malheureusement.

Cette journée sera égayée par quelques bons moments.

Ce sont les cannes à pêche qui vont nous les donner !

Six attaques dont une grosse, et au tableau 2 bonites !!!

pa230021.jpg   pa230023.jpg  et toujours le cuistot qui prépare la pêche pa230022.jpg  !!!

La première sera immédiatement dégustée en sushi le midi.

La deuxième sera réservée à notre repas du soir.

J’ai rarement mangé du poisson aussi frais ! ! !

Dans l’après midi l’envoie du spi n’a pas été concluant.

Par contre à la tombée de la nuit, grâce à une mer très calme, et un vent arrière constant j’ai établi le génaker et le génois en ciseaux !

Pour stabiliser le génois j’ai gréé un barber-hauler sur l’écoute.

Ce gréement improbable a fonctionné une grande partie de la nuit.

Nous n’avons était dérangé que par les cargos nombreux qui croisent sur le littoral de l’Afrique.

Mais un beau cadeau nous ait fait par les dauphins.

Vers 6 heures du matin dans une mer phosphorescente 5 dauphins nous accompagnent. Ils sont visiblement intrigués par la lumière dégagée par nos hélices dûe au plancton phosphorescent.

Magique, on dirait des fusées dans la mer  . . . !!!!.

Au petit matin, en prenant le quart à 3 heures, la mauvaise surprise est la météo.

Brume, température extérieure 18°C, intérieure 23°C, ça faisait 4 mois que AUMADATROI n’avait pas connu pire conditions.

Donc je m’habille comme en Bretagne, pantalon et vareuse pour affronter ces conditions.

Après le petit déjeuner il est clair que nous approchons des côtes.

De nombreux oiseaux nous rejoignent, la terre apparaît et surtout des dizaines de bateaux de pêche.

Il faut veiller, et tout l’équipage est sur le pont.

C’est assez magique de voir défiler la côte de sable et de dunes alors que nous sommes en mer.

Quelques minarets apparaissent avec leurs pics pointus (souvenirs arabiques).

On embouque le chenal, virement de bord vers le nord et 1 heures plus tard on est mouillé devant l’hôtel de la marine national marocaine à Dakhla, par 3 mètres de fond sur sable stabilisé.

Après les formalités administratives, nous nous offrons le resto de l’hôtel !

Ce soir le désal tourne, nous fabriquons notre eau potable avec l’eau de mer.

AUMADATROI est prêt pour aller encore plus loin !!!!

J’allais oublier, au menu de ce soir, suchi de bonite ! ! ! ! !

Quelques statistiques:

- 92 heures de nav

- 50 heures de moteur

- 6,8 noeuds de moyenne

- de bonnes rigolades à bord

- 8 excellents repas préparés par les équipiers

- 300 litres de gaz oil consommés malheureusement

Bises à tous, et à Dakar !

 

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