La remontée des côtes est du Brésil

Posté par Philippe le 22 janvier 2012

De  Salvador de Bahia à Joao Pessoa

 

Que dire de cette traversée, qui nous mène à la pointe la plus orientale de l’Amérique du Sud ?

526 miles surface pour 450 miles en route directe  sur le fond (il y avait du courant contraire pendant toute la traversée. . .) 94 heures de navigation, 42 heures de moteur , du près serré pendant presque 3 jours, de nombreux changement d’allure pour négocier au mieux les petits airs que Eole condescendait à nous donner, 6 à 9 nœuds de vent pendant plus de 70 heures, bref pas du tout les conditions favorables pour que AUMADATROI exprime son talent ! Mais bon, on voulait aller à Joao Pessoa et il fallait bien remonter au nord pour arriver un jour dans les Caraïbes . . .

Alors on l’a quand même fait. Des moyennes  journalières de 100, 110, maxi 120 miles en 24 heures !

La dernière journée nous a gratifié de conditions beaucoup plus favorables 145 miles en 24 heures, 12 à 15 nœuds de vent au près bon plein, 6 à 8 nœuds de vitesse ! Enfin AUMADATROI avait les conditions pour montrer ce dont il est capable.

Mais durant ces 5 jours, et malgré les conditions de vent non favorables (mais qui auraient pu être pires en cette saison . . .) nous avons vécu de sacrés moments.

 

1er jour, départ à 11 heures.

Bye bye Salvador da Bahia, on t’a beaucoup apprécié La remontée des côtes est du Brésil P1150128-1024x768

4 heures après le départ, le moulinet bâbord couine …

Pas de précipitation, chacun son rôle. Et au bout d’un ¼ d’heure une belle daurade coryphène est à bord. Sushis en soirée, filet le lendemain, que Lionel sait toujours préparés en pro !

P1150131-300x225

P1150130-300x225

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans la soirée il devient évident que nous ne pourrons pas parer les côtes du Nord Este sur tribord amure.

La décision est prise, nous allons tirer au large face au vent, avec DuponD&T. 10 heures à ce cap nous amènera assez loin des côtes, pour au petit matin faire route au 60 et longer la côte brésilienne. Mais c’est clair, ce n’est plus trop de la voile . . .

Dans la nuit vers 3 heures du matin DuponD était en marche, j’étais de ¼ et je constate que les infos de charge de l’alternateur bâbord sont « surprenantes ». Bon on ne peut pas faire grand-chose de nuit, je verrai tout cela demain.

 

 

2ème jour.

Quand le soleil s’est levé, AUMADATROI a abattu et cap au 83°M (attention 25° de déclinaison !!!), et remonte au près serré. Une astuce pour gagner en cap, je frappe un barber-hauler pour rentrer le point d’écoute à l’intérieur. A 35° du vent apparent et 8 nœuds de vent réel, on affiche 3,5 nœuds de vitesse . . .  Mais ce vent redoutable varie en direction, et quand ça refuse trop j’allume un des 2 Duponds.

DuponD continue à faire sa crise. Il charge, puis il ne charge plus. Petite angoisse de la panne sévère.

Mais ne pouvant pas faire grand chose, après avoir tout vérifié, j’accepte cette panne. Il reste les panneaux solaires qui donnent bien, l’hydro et DuponT .

Pas vraiment drôle tout ça !

Mais rassurez-vous la vie à bord est cool. Toujours des bons repas, une mer toujours aussi belle, des nuages et des couchers de soleil grandioses.

P1150133-1024x768

Dans la journée on essuie un grain qui en 3 minutes fait varier le vent de 5 nœuds au près serré à 20 nœuds au petit largue en passant, en passant à 25 nœuds au grand largue !

Et c’est parti pour 1 ris dans  la GV, 5 tours au génois, pour tout ré-envoyer 20 minutes plus tard. Qui a dit que la voile ce n’était pas physique ???

AUMADATROI nous a affiché  8,5 nœuds pendant . . . 10 minutes !

 

3ème jour.

A sa remise en route DuponD recharge bien, pendant 20 minutes . . . Il devient évident qu’il y a un problème. Mesure des tensions, vérifications diverses, rien d’anormal visible. Il y a toujours les panneaux solaires, l’hydrogénérateur (mais il faut aller à plus de 5 nœuds), et DuponT qui marche bien !

Et toujours ce vent de 8 nœuds trop faible pour faire frémir AUMADATROI. Heureusement la mer est belle.

Mais il y a cette chaleur, 34°C dehors et dedans.

On transpire tellement qu’on n’urine plus beaucoup !

Avant le déjeuner le doux bruit du moulinet retentit ! Hé hop une daurade de 1 mètre 22 monte à bord !!!

P1170108-300x225

P1170109-300x225P1170110-225x300

 

Lionel a su évidemment la préparer avec grand talent!

http://decoupedaurade.blogspot.com/

Ce soir sushis, demain filet et ensuite tagine !!!!

On se rapproche des côtes et nous rencontrons de plus en plus de cargos. Par précaution je fais des manœuvres d’évitement, 17 tonnes contre 350 000 tonnes, même si on a la priorité, par sûr que AUMADATROI gagne !

P1150100-300x225

Cet après midi c’est la pompe à eau de mer du frigo qui décide de nous enquiquiner. On l’arrête et je mets en route le ventilateur chinois acheté à Mindélo pour refroidir l’échangeur. Technique déjà éprouvée sur la transat, on maintient 5°C dans le frigo. Ah la technologie . . .

En fin de soirée au moment de se mettre à table, l’atmosphère est orageuse, c’est métallique, gros nuages. Nous ne sommes plus qu’à 30 milles des côtes entre Maceió et Recife.

P1180152-1024x768

J’aperçois dans l’ouest une colonne noire . . . qui change de forme. Inquiétude ? Naissance d’une tornade ? Jumelles, discussions, petit stress. Puis à nouveau les jumelles. Il y a un halo rouge à la base. . . C’est un incendie à terre ! Puis un 2ème, un 3ème . Baisse de la tension à bord. En fait ces feux sont allumés le soir dans les champs de cannes à sucre, ils sont maitrisés, et le lendemain les brésilien récoltent la canne. Nous en verront de nombreux durant la nuit.

 

4ème jour.

Au lever du jour, les conditions semblent changer.

En fin de matinée le vent adonne. On envoie le génaker, à 70° du vent apparent, on file à 6-8 nœuds avec 12-15 nœuds de vent. Enfin on fait de la voile, et dans de bonne conditions pour AUMADATROI.

En abattant pour prendre ce vent on se rapproche des côtes que l’on aperçoit maintenant. Elle défile à bonne vitesse.

Cette belle allure se maintiendra jusqu’à la nuit et vers 22 heures il faut se résoudre à affaler le génaker et remettre en route les DuponD&T. Dommage c’était bien sympa.

Ca nous a permis d’assurer une arrivée pour jeudi en matinée.

 

5ème jour.

A ma prise de ¼ je ne vois plus d’étoiles. Une couche nuageuse les masque. L’air est électrique. Pas bon.

Deux heures plus tard premier éclair, mais pas de tonnerre.

Suivi d’une pluie diluvienne qui ne nous quittera plus jusqu’à l’arrivée pendant les 8 heures qui nous restent pour atteindre le mouillage.

La trace radar d’un des nombreux orages rencontés:

P1190159-300x225

P1190164-300x225P1190161-300x225

 

Parfois le tonnerre nous annonce que la foudre se rapproche. Inquiétude.

Mais ça passe.

Au petit matin retrouvaille avec 3 bateaux du rallye.

P1190165-300x225

Echange VHF. On rentrera dans le rio ensemble, AUMADATROI en tête de la flottille.

 

Et c’est vers 11 heures locales (TU-4) que la pioche plonge dans la vase en face du petit village de Jaccare.

L’équipage un peu fatigué par cette dernière nuit orageuse, déguste brochettes de bœuf frittes arrosée de caipirhina.

 

Cette traversée ne sera pas celle dont je me souviendrai avec plaisir, mais ce fut une belle expérience quand même.

Pour les problèmes techniques, la réparation de l’alternateur est en bonne voie, et on ne va pas tarder à s’attaquer à la pompe à eau de mer du frigo.

En résumé Tout Va Bien A Bord – TVBAB !!!

4 Réponses à “La remontée des côtes est du Brésil”

  1. çoise dit :

    … en tout cas, un bien bel article sur le blog! on voit que tu maîtrises tout de mieux en mieux :-) )

  2. Béné dit :

    é bé ! comme on dit chez nous !!
    De bien belles aventures et une TRES belle prise que Lionel, une fois de plus a se transformer en mets succulents !! (d’ailleurs à ce propos, petite message personnel à Lionel : stp … stop faire de si bons repas, il y a dans l’équipée babord de bons vieux paquets de pates, peux-tu en faire ? à l’eau, sans rien ? comment veux-tu que nous (Brieux et Béné) rivalisions avec toi ? tu mets la barre trop haute !!! bises ;=) /clin d’oeil )
    La tension commence à monter chez les Allard (préparation des maillots de bain (accessoirement du K-Way ;=) – lecture et re-lecture de : « je sais cuisiner sur un bateau » et  » Je sais pêcher les grosses coryphènes » :=)))
    Bises !

  3. simon dit :

    Salut Philippe,
    Belle pêche, bravo à vous deux ! elles sont belles ces 2 dorades !
    Je lis avec plaisir tes commentaires sur la nav et les options que tu as prises, (petite remarque : mille c’est mieux que mile)
    A+
    André (équipier de Klec)

  4. Philippe dit :

    Salut « l’Indien » !!!
    Effectivement tu as raison!
    En français on écrit « mille marin » et en anglais on écrit « nautical mile ».
    Bon disons qu’à chaque fois que tu vois un seul « l » à mille marin, c’est que je pense en anglais …!
    A Joao Pessoa la viande est excellente et les caipirinhia rafraichissantes.
    Après 5 jours de pluie non stop (ils n’ont jamais vu ça içi) nous profitons d’un bon et chaud soleil brésilien !!!!
    A bientôt de te lire !

Laisser un commentaire

 

ass2009 |
voyage en floride 2011 |
almointheusa |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Séjour de vacances à Madrid...
| Scotland good time
| Voyage Europe centrale